Sachant que les passions pour la moto sont aussi variées que partisanes, j'espère ne froisser personne en écrivant ce qui suit.
Autrefois la petite cylindrée pouvait faire de vous un « véritable motard », vous savez, cette espèce en voie de disparition qui bossait dur à l'usine pour s'offrir la bécane de ses rêves, ces mêmes qui considéraient que d'avoir une 750 c'était déjà de la frime. De vilains jaloux, voilà tout.
Ils savaient néanmoins ce que voulait dire un signe de la main à un autre motard, persuadés qu'on ne les laisserait pas sur le bord de la route avec un pneu crevé par exemple. Ils passaient la matinée à briquer et à graisser leur machine, de même que, règle absolue, on ne la trafiquait jamais, parce qu'on ne roule pas avec un tas de merde. Cuir noir rimait avec humilité et discrétion, faisant de la moto un rituel de bonne conduite. Ils sentaient parfois l'essence et le chien mouillé, roulaient à 80km/h dans un mélange de grâce, de mystère et d’enchantement...
En ce qui me concerne, avec mon humble mono, j'espère simplement entretenir cette vision bien particulière de la pratique de la moto (il en existe tant d'autres), une tradition qui m'est chère, on dira. En fait, quelle que soit la cylindrée, certains s'y reconnaîtront, d'autres pas...
Il n’empêche, désormais les motards sur mastodontes qui font « roooo » sont légions, sentent bon le gel douche et les dollars à 200 à l'heure dans des combinaisons aux couleurs chatoyantes. Souvent il m'arrive de penser que les choses ont bien changé.

C'est aussi comme ça que je vois les choses...
RépondreSupprimer20 heures pour 600 kms...
Aujourd'hui, c'est plus apparences visuelles (et olfactives); mais chacun est libre de voir "midi à sa porte" tant qu'on respecte et ne méprise pas "l'autre"...
bienvenue Edmond
RépondreSupprimertu as raison, sur la route comme ailleurs, c'est le respect et la tolérance qui nous sauvent.
(Désolé pour l'anonymat, je n'ai pas de compte machinchouette)
RépondreSupprimerJe vois exactement les choses comme toi : je suis passé dans l'ordre par 1200, 650 puis 125, et là, je viens aussi de quitter mon dernier carburateur pour passer à l'injection avec la 400. Frein à tambour à l'arrière, démarrage au kick, plaisir de conduite absolu, je roule peinard à mon rythme, je profite du trajet et je me fous du temps que je mettrai à atteindre ma destination.
Bravo pour ton blog. Photos et commentaires sont rafraîchissants. Enfin un peu de calme, de sagesse et de bon sens. Et là, on sent vraiment l'amour de la bécane.
Les 250, comme les 350 ou les 400 m'ont toujours fait rêver. Une sorte de graal. C'est en effet sur des cylindrées de ce type que roulaient nos anciens. J'ai vu qu'en 1913, une 750 (un bolide de compétition) sortait 6 à 7 CV ! Alors de quoi se plaint-on ?
Je n'ai pas honte d'être un vieux motard : je suis un motard vivant - et c'est déjà pas rien. De plus, je suis un motard heureux.
Freddy